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SOS Diag immo - LDI

Un beau coup de gueule - Bravo pour l'analyse et le style

17 Décembre 2006 , Rédigé par Yvan MARZOLF Publié dans #LA VIE DE LA PROFESSION

c'est arrivé aujourd'hui ,c'est rès bien écrit et ça vaut la peine d'être lu jusqu'au bout......
Je vous livre ce mail tel que je l'ai reçu.


LETTRE OUVERTE AUX YAKA.
Etat des lieux et coup de gueule

Mes bien chers amis Unectepeus desesperus,

Ainsi donc, nous les anciens, nous aurions des plumes et pas de poils,
Ainsi donc, « on » nous ferait monter dans des wagons pour un service technique obsolescent (STO),
d’'autres l’'ont fait, et tout est parti en fumée.
Ainsi donc, nous serions devenus des PP (Précurseurs précaires) à mettre à l'’encan, alors que cette corporation est en train de croître et embellir, par des tiges vertes qui marchent sur nos brisées, et qui seront bientôt diplômées à VIE, et en possibilité de travailler en toute quiétude puisque adoubés par l’' Education Nationale !! (bientôt les Niton seront en vente libre à la CAMIF !)

ET DIEU CREA LES FORMATEURS

Ainsi donc, nous aurions été instrumentalisés à vitesse grand V, pour établir fissa, fissa, et à moindre coût un état sanitaire général de notre royaume, pour faire bénéficier on ne sait qui de nos remarques, de notre retour d’expériences sur site, et de notre connaissance de toute une vie de techniciens (pour la plupart), le tout à des pousse-crayon, qui nous inondent maintenant de lois, de décrets, de circulaires, d’arrêtés, de normes, le tout à géométrie variable, de mise en examen, de certifications (alors qu’ils ne le sont pas) de suspicions machiavéliques en soudoiements, en pots de vin et d’essence.

Les risques que nous avons pris, les jurisprudences qui en ont découlées, les conclusions et sanctions énoncées, servent on le sait à modifier les textes. Souvent on paye cher pour apprendre, et même de sa personne (certains savent de quoi je parle) tels des apprentis sorciers.
Nous devrions être indépendants de tout et de tous, on nous le dit, on nous l’'écrit et on nous le répète,  mais on nous fait dépendre de tas de personnages et de tas de systèmes.

On veut nous faire passer et repasser sous les fourches caudines d’'organismes parasites, qui sont censés nous apprendre ce que nous savons déjà par la force des choses; seul l’appât du gain facile les motive vraiment, et ça se comprend. C’est un métier, un job. Qu’'ils sortent avec nous sur le terrain en été torride et en hiver glacial. Qu'’ils se mettent sous pression et en état d'’urgence comme nous le sommes chaque jour. L’'embuscade est fin prête, le piège bien tendu et la pompe à € amorcée. On fait bien passer le bétail dans des couloirs désinfectants liquide. Et ben, nous y sommes !!

La vraie question est : pourquoi ont-ils reçu, à l’'époque (1999/2000) des instructions pour « former » un maximum des gens en 48h chrono, alors qu’à nos jours « on » leur demande d’'en décapiter autant. Qui imprime ces orientations, dans quel but ? Pourquoi les référentiels de base et d’'acceptation aux stages n’'ont pas été respectés et appliqués ? Pourquoi avoir envoyé dans la nature et au contact de professionnels aguerris et guerriers, des gens qui étaient loin de bomber le torse lors de leur mission. Qui n’a pas ressenti ça ?
 
Il faut du temps pour acquérir des réflexes instinctifs, avoir un 3ème oeil partout, mesurer ses paroles et ses actes, chaque jour, et quelles que soient les circonstances. De plus, il nous faut jouer les assistantes sociales, rassurer les gens et toujours expliquer, faire le marchand de tapis, faire des concessions, vendre des frigos aux  esquimaux en promettant des délais d’exécution foudroyants.
Nous avons appris un métier, un beau métier, à nous de lui donner ses lettres de noblesse en astiquant le blason que nous portons haut et à bras tendus. Ne devenons pas des INTERMITANTS du diagnostic, en attendant d’'être délayés et broyés par ces machines infernales qui ce dressent sur notre chemin.

Qui plus est, nous étions un peu naïfs, en buvant les toutes les paroles des « sachants ». Ainsi, à l’'instar de l’'apprenti conducteur qui achète la voiture sur laquelle il a passé son permis, nous avons été conseillé pour tel ou tel matériel, dont l’'achat déclanchait des com. au prescripteur soudoyé..



EN VOILA ASSEZ !

A nous de défendre nos acquis bec et ongle, de repousser tous les parasites conseilleurs qui veulent nous inculquer ce qu’il ne faut pas faire, alors que sommes en quête permanente de ce qu'’il faut faire. A nous de nous défendre contre des officines qui se sont créées sur l’'humus que nous sommes, qui prennent des décisions sans nous consulter, et qui tiennent des discours lénifiants (dormez : je le veux, faites ce que je vous dit, et ne dites pas ce que je fais). Prenons conscience du peu de cas qu’ils font de nos vies. Napoléon puisait à pleines mains dans le peuple, la chair à canon qu’il lui fallait pour soumettre et humilier les peuples. Sommes nous la chair à canon moderne ? Des consommables ? Des mouchoirs de papiers ?

L’'IMAGE DEMARQUEE

Nous sentons le souffre, mes amis. Mais notre dentiste, notre mécano, notre boucher aussi, alors...
Nous sommes trop chers, pas très compétents, nous faisons les missions trop vite, et les rapports trop lentement, les quadras et les quinquas s’'endorment sur le rôti et sont inconséquents, il faut du sang neuf. Un clou chasse l’autre. C'’est fini ! ça va changer !
Nos assurances sont perchées en haut d’un mât de cocagne bien glissant,  parce que certains groupes passent en dehors des clous.
A quoi cela a servi d’être agréée DDASS sur plusieurs départements, de faire partie de comité de pilotage pour les logements insalubres, d'’être PCR avec des fous de l'’atome, d'’avoir passé des heures à déchiffrer des textes confus volontairement, avec des vides techniques et juridiques béants. De passer des heures sur les routes, ou devant un écran, à cavaler après notre argent auprès de donneurs d’ordres peu scrupuleux. Si nous devons repasser une qualif tous les 5 ans, j’'en connais un bon nombre qui ne devrait même pas être sur le marché, et être interdits de gestion.

On nous exige de la rigueur, de la constance, de l'’invariable ; et dans le même temps tout est mouvant, l’'erap s'’étale en crep, les termites ne sortent plus de la maison, l’'amiante était friable...elle se durcit, la carrez cherche des mesures nouvelles. C’est fini ? Non, va chercher les R.majeurs ; c'’est fini ? non, va chercher le dpe ; c’'est fini ? non, va chercher le gaz, et puis l’'électricité, ou le bruit, ou la clef du champ de tir ! Et tu ne passes pas par la case départ, et tu touches pas 20 000. C’est de la marelle les yeux bandés.

C’EST QUOI LA QUESTION !

A-t-on attendu 50 piges pour décrocher à la 3e sonnerie (y a des jours ou ça ne sonne même pas), nous avons accumulé 5,7, 10 ans de savoir faire et il faut le faire savoir, nous sommes devenus des acteurs incontournables dans la vie sociale de notre pays, nous représentons un poids.

Si tous les diagnostiqueurs du monde voulaient se tenir la main, nous pourrions tout bloquer pour nous faire entendre, ça démange hein ? Mais, certains esprits chagrins se frotteraient les mains, vous imaginez !? On se croit bien entourés, en fait nous sommes complètement encerclés et on n'’est jamais trahis que par les siens.

Alors quoi ?
On se fait un village gaulois en bout de péninsule ?
On fait des courbettes devant les puissants des ministères ?
On négocie ce qui peut l’'être encore ? On va grappiller et glaner de ci, de là ?
Demander l’aumône ?
On bloque les routes en faisant brûler des pneus ?
On ne fait plus de mission tant qu’'on n'’a pas les moyens et les bonnes raisons d'’en faire ?
On demande des mesures équivalentes pour les agents commerciaux, les notaires, et tous les donneurs d’ordres ? (5 ans de préventive renouvelable?)

Les apaches se sont battus pendant des lunes contre la cavalerie, mais ils se sont retrouvés parqués dans des réserves, et les survivants jouaient les équilibristes en boulonnant les poutres des gratte-ciel.

A QUI PROFITE CE SUICIDE COLLECTIF ?

On nous prédit un avenir aspiré par les grands groupes, comme les épiceries par les supermarchés.
Mais ces grands groupes auront des problèmes de personnels, de mouvements sociaux, de responsabilité civile en cascade ou en dominos. La motivation ne sera plus la même, parce qu'’un lièvre court pour son propre compte, pas le chien de chasse. La gestion sera défaillante un jour, voire sujette à des dirigeants indélicats, ils détiendrons encore une fois un monopole inamovible à la solde d’'officines officielles.
La profession indépendante serait alors mort-née par ce système pyramidal tupperware. De plus, à les voir circuler à bord de véhicules bariolés comme des voitures de cirque ou de roi nègre, ils donnent au public client une sensation d’'artisans en quête de chantier, et ce faisant tirent la profession vers le bas. Des discounters de diags, voilà en quoi ils travestissent notre oeœuvre commune, et pour 1€ € de plus, ils vendraient leurs âmes au diable. Qu’'ils y aillent !! Il faudrait devenir profession libérale avec un ordre, donc sans pub ! Nous serions alors plus crédibles.

Que veut le peuple :
un papier le moins cher possible et surtout, surtout, une assurance en cours de validité.
Ils en auront rêvé, le groupe le fera.
Au détriment de résultats aléatoires et approximatifs, par des gens inexpérimentés et inexpérimentables, autocertifiés, autoalimentés, autodécervelés et autofonctionnarisés.

Nous étions d’abord des techniciens diagnostiqueurs, puis des experts compétents (amiante), et nous devons maintenant devenir des experts compétents certifiés. Faudra t-il un jour devenir des techniciens experts compétents certifiés inféodés.

Et alors ?
Et alors, mes amis ouvriers, il faut regarder au fond de la colonie que nous sommes, se choisir une reine qui nous ponde des adhérents en pagaille, (faut trouver le roi ; pas aidé le type) avoir des soldats dans toutes les galeries et attaquer les autres colonies. C’est la loi de la nature : bouffer ou être bouffé !
L'évolution de l'’espèce, la mutation des genres, comme vous voulez. Soyons imago et imaginatifs.
Interpellons Nicolas ou Ségolène s’il le faut. C’est urgent, ça pousse derrière, une nouvelle colonie d’'intello va prendre son envol pour mieux se réenfouir que nous.
On fusionne, on refusionne dans la confusion, on voit les poignards in-extrémis briller dans la nuit, et puis on se sépare dans la haine et la colère, en comprenant qu’'on a fait rentrer un renard dans le poulailler ; il faut traquer les sous-marins sournois, sous peine de se faire torpiller.

Il y a urgence ?? Bon, eh ben, on bloque tout, foutu pour foutu, en clair comme dit plus haut : Diagnostiqueurs EN GREVE : un mois….pour voir !

Voilà, ça fait du bien par où ça passe. S’il y en a que ça démange…

G. B.
Le poil à gratter du Vaucluse (Salut YVAN)

MERCI POUR CE POINT DE VU QUI DONNE A REFLECHIR....et SUREMENT AUSSI A REAGIR....
Inscrivez vous à la newsletter pour ne pas rater la suite.....(Yvan Marzolf)

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Noandre 26/02/2007 16:51

Ca c'est sûr, ça serait redoutable une gréve des diagnostiqueurs, vous imaginez les transactions impossibles dans ce pays sans notre accord ? ! aucune vente possible, les gens obligés de rester chez eux, d'autres à la rue ? le chaos social en moins d'un mois ?

Yvan MARZOLF 01/03/2007 17:57

J'ai un peu de mal à imaginer, même en rêve. ....Je sais trop bien que pendant que je fait tout pour mobiliser, d'autres se disent : "cool on s'en occupe pour moi, j'en profite pour bosser tranquille...."C'est je pense le résultat de politiques successives de droite et de gauche basée sur l'assistanat. En même temps sur ce coup là, si on s'assiste pas nous même on sera pas assisté, alors j'espère vous voir très nombreux à Poitiers, pour me démontrer que je me suis trompé.....

Marie Galante 18/12/2006 17:30

Quel plaisir à lire les réflexions de GB. Chiche, diagostiqueurs bougez vous le cul, la colonie vous l'avez, la reine peut être aussi, depuis des années certains de vos confrères se sont battus et se battent pour organiser, convaincre, aider. Certains ont sacrifié une partie de leur activité professionnelle, de leur vie professionnelle. Pendant ce temps d'autres en profitaient, s'organisaient...individuellement. Alors maintenant bougez, bougeons ensemble. Merci pour ce bol d'air frais.