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SOS Diag immo - LDI

Les paradoxes du diagnostiqueur immobilier.

24 Avril 2012 , Rédigé par Yvan MARZOLF Publié dans #Du travail pour demain

Avec le temps, à force de lire, d’écouter et de constater, quand on est soit même en activité, quitte à prendre le risque de choquer, l’on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les paradoxes du diagnostiqueur immobilier. Pour les illustrer, quelques exemples que vous avez tous pus observer depuis que vous êtes dans le métier :

Le DPE, annoncé par tous les premiers formés comme une mission qu’il serait impossible de facturer moins de 250 euros, qui tourne autour de 100 avant même que le dernier décret soit paru, pour finir  souvent à moins de 50 sans aucune raison, une fois qu’il faut prendre les mesures pour de bon. Ca, se n’est pas de la faute du centre de formation.

Plus tard, le diagnostic gaz et l’électricité : « pas la peine d’y aller, on ne va encore rien gagner  » disait-on à l’époque. On peut lire parfois la même chose sur l’infiltrométrie ou la thermographie aujourd’hui. Le diagnostiqueur demande des nouvelles missions quand il est en difficulté, mais sitôt que l’occasion de « se refaire une santé » lui est donnée, il boude ou trouve en bas de chez lui un confrère déjà prêt à se solder. Ca, ce n’est pas de la faute du gouvernement.

Le diagnostiqueur ne veut pas « engraisser les grands groupes qui sont aussi ses concurrents », mais c’était pourtant chez eux qu’il a été en masse se faire certifier il y a 5 ans en pensant qu’il suffirait « d’une grande marque » pour se vendre plus cher qu’avant.

Le diagnostiqueur ne veut plus entendre parler de ses  fédés qui « lui piquent son argent » mais réclame « un Ordre » qui lui couterait bien plus qu’avant ….

Dès lors l’on ne peut s’empêcher cette question : Le  diagnostiqueur immobilier qui cumule tous ces paradoxes, n’aurait-t-ils  pas un problème avec « l’argent » ?

Un peu comme si une fois les avantages évident que représente sur le papier, le caractère obligatoire de ses prestations, « l’impétrant négligeant» n’aurait pas anticipé le fait que peut-être il ne serait pas seul à avoir pensé à : « cette belle opportunité qu’est le diagnostic immobilier ». Alors, malgré toute la richesse ( il n’est qu’à consulter la liste  des missions que le diagnostiqueur peut se faire assurer actuellement ) et la noblesse de nos beaux métiers, sans même parfois penser à « enrichir » son offre autrement qu’en augmentant les risques qu’il prend, dans les agences immobilières, chez les notaires et les particuliers, le diagnostiqueur joue encore trop souvent uniquement sur ses prix et le nombre de clients pour se placer devant ses concurrents.

Face à ces premiers, bridés dans leurs activités règlementées, se sentant trop souvent brimés à la télé, peinant à vivre dignement de leur nouveau métier, à coté des premiers, d’autres  diagnostiqueurs immobiliers  se sentent  humiliés, par « les soldeurs » qui sont en train de tout casser. Ils s’accrochent  à ce qui leur reste de dignité : leur indépendance et leur utilité au service de la santé et de la sécurité. Pour se faire valoir, ils  tapent sans hésiter sur leurs concurrents en oubliant que pour leurs clients, rien et surtout pas le discours que lui auront servit tant d’autres avant, ne les distinguera vraiment.

Les diagnostiqueurs aimeraient tous être considérés comme des « médecins du bâti », mais de l’autre coté du miroir ils restent trop souvent  perçus par leurs clients comme des charlatans.  Mais peut-il en être autrement avec les écarts de prix que les consommateurs observent en ce moment ?

Alors, en attendant, le comportement économique des diagnostiqueurs immobiliers brille toujours par son irrationalité et une majorité de diagnostiqueurs peine à vivre dignement de ce nouveau métier. .

Le diagnostiqueur immobilier va-t-il hésiter encore longtemps, ou va-t-il se décider à gagner de l’argent en changeant de comportement ? 

C’est aussi l’un des enjeux des choix que le diagnostiqueur immobilier, patron ou salarié, franchisé ou indépendant, doit faire en ce moment pour au-delà des élections et des certifications résister à la crise de l'immobilier qui sévie à nouveau dans le pays actuellement.

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Laurent 30/04/2012 23:38

Je suis d'accord, il faut réglementer la profession.
Quitte à imposer des tarifs minium car il y a des prix en dessous desquels le travail ne peut être que bâclé.
Malheureusement même ça ne suffirait pas, car les mal honnêtes accueillerai le surplus de revenu avec plaisir mais sans modifier leurs habitudes de travail.

NOEL 26/04/2012 07:59

Complément d'infos: des DPE à moins de 56€, un diagnostic complet (amiante+DPE+gaz+électricité) d'une maison T4 de 1980 à 129€ ttc: où va-t-on? c'est la réalité en région CENTRE - cela résume bien
la situation; le diagnostic n'est pas un métier technique comme il devrait l'être mais un métier commercial! les compétences devraient être vérifiées au départ, et ce n'est plus à la CCI qu'il
faudrait s'inscrire mais à la chambre des Métiers ! et j'insiste sur l'obligation d'un barême minimum officiel ! l'ultra libéralisme est malsain et il faut cadrer la profession; j'insiste toujours
et je pose la question: que se passerait-il si les prix des actes notariés étaient libres?? comment se comporteraient certains notaires?? ils sont humains et leur comptables ont les mêmes critères
d'évaluation que les notres! résumer une prestation au tarif est réducteur, il faut donc les encadrer.

NOEL 26/04/2012 07:48

Encore aurait-il fallu au lancement de cette profession de contrôleurs techniques du bâtiment, demander des vraies qualifications en bâtiment aux candidats. Pourquoi tant d'acteurs des assurances,
banques et réseaux immobiliers se sont-ils engouffrés dans ce métier?Pourquoi les textes décidés par le ministère sont -ils imparfaits et pourquoi aujourd'hui les prix dévalorisent ils la
profession? ils aurait fallu autant encadrer l'activité que les tarifs! que se passerait-il pour les notaires si les prix étaient libérés? j'attends la réponse.....

Olivier 25/04/2012 12:01

J'étais pourtant bien persuadé qu'il n'existe pas de solution. Je suis donc très impatient que vous me présentiez la votre !!!!!!!!!!!!!!!!

Olivier 25/04/2012 10:10

Bonjour,
Malheureusement, je ne vois pas non plus de solution qui permettrait d’éradiquer ces "connards" qui cassent tout le marché. Quand un meurt (puisqu'il a trop cassé les prix et eu, très logiquement,
trop de litiges), un autre "connard" arrive et prend le relais pour 2 ans (pas de charge...). Je ne voie pas d'issue... hélas !

Yvan MARZOLF 25/04/2012 11:12



Moi j'en vois une, j'ai mis très longtemps à la trouver et à cette heure il me faut encore un peu de temps pour vous la présenter ....